Ceux qui m’aiment prendront le train ou le périple de Patrice Chéreau en Limousin

Il y a vingt ans se tournait dans le Limousin l’un des films les plus marquants de Patrice Chéreau, Ceux qui m’aiment prendront le train : dernier trajet sur les rails d’un peintre tyrannique.

En 1997, lorsqu’il posa ses caméras pour tourner Ceux qui m’aiment prendront le train, Patrice Chéreau fut agréablement surpris de l’accueil des habitants de la région limougeaude. Les décors et la chaleur des personnes rencontrées lui laissèrent alors un goût savoureux. Une très bonne expérience pour le réalisateur disparu en 2013.

Son personnage principal, Jean-Baptiste Emmerich n’avait qu’une seule volonté : être enterré au cimetière de Louyat à Limoges. Pourtant Parisien, ce peintre irascible voulait que sa mort embête au plus haut point son entourage. Il avait confié avant son décès : «Eh bien, ceux qui m’aiment prendront le train». Une phrase lourde de sens pour les protagonistes. Pas d’autre choix donc, pour la famille et les amis, que d’accompagner le défunt en train vers sa dernière demeure.

Le long-métrage met ainsi en scène cette journée particulière dans un train autour d’une quinzaine de personnages devant cohabiter pour l’occasion. Ce dernier trajet de Jean-Baptiste débute de la Gare d’Austerlitz à Paris pour s’achever à Limoges (Haute-Vienne). Les personnages découvrent ainsi plusieurs gares limousines pendant ce périple si étrange. Tout d’abord, celle de Saint-Sulpice-Laurière (Haute-Vienne), un bâtiment édifié en 1856 entre Bersac et La Jonchère, au sud du tunnel de La Roche. À son apogée en 1930, cette gare était la troisième de la région limousine après Limoges et Brive. Vient ensuite celle de La Souterraine (Creuse), visible à la vingt-cinquième minute. Cette gare intercités fut construite au point 342,067 de la ligne Orléans-Montauban.

Enfin, le parcours s’achève à la gare de Limoges-Bénédictins (Haute-Vienne). Inaugurée en 1929, son architecture de style art-déco lui valut l’inscription au titre des monuments historiques en 1975. Empruntée chaque année par 1,6 millions de passagers, elle constitue le symbole de cette grande ville de Nouvelle-Aquitaine.

En plus de scènes tournées à Condat-sur-Vienne (Haute-Vienne), au Feytiat (Haute-Vienne) ou au Château de Ligoure (Haute-Vienne), le final de Ceux qui m’aiment prendront le train se déroule au cimetière de Louyat. Dernier lieu où reposera Jean-Baptiste, il s’agit de l’un des plus grands cimetière de France mais aussi du seul de la préfecture de la Haute-Vienne. De nombreux ajouts de porcelaine figurent sur les tombes et monument du site, plutôt logique pour la capitale de ce matériau. Le film se termine par une sublime scène aérienne du cimetière.

Ceux qui m’aiment prendront le train est une belle manière de découvrir par les petits lignes ferroviaires de la SNCF un échantillon de gares de la Creuse et de la Haute-Vienne.

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